Dieu fait quelque chose de merveilleux dans notre génération ! Depuis des années, Il se révèle comme un Père, mais depuis quelques temps, Il nous parle de quelque chose de nouveau : de paternité, de maternité. Nous avons reçu Son amour de Père et Mère à la fois pour construire notre identité en Lui, mais aussi pour que nous portions des fruits. Quels sont ces fruits ? Ce sont des fils et des filles de Dieu, nourris, construits, affermis dans leur identité et leur destinée qui seront capables de multiplier à leur tour ce qu’ils auront reçu.

Dieu nous amène à comprendre la famille. Rien de nouveau, mais c’est une révélation fraîche qu’Il déverse actuellement sur son peuple.

Il s’agit aussi d’une restauration de la séparation des générations qui s’est faite violemment lors de la période qui entoure Mai 68. Si dans l’Histoire nous devions mettre un curseur au moment où cette brèche qui a été faite, ce pourrait bien être sur les événements de Mai 68.

Ces révoltes étudiantes et ouvrières ont porté un message contre l’autorité ayant pour conséquence une véritable séparation entre les générations. Désormais, on choisit de vivre l’amour, la liberté et de chercher la vérité sans plus aucun cadre ni tabous. Beaucoup de témoignages de jeunes de cette époque expriment leurs frustrations de ne jamais avoir pu parler avec leurs parents de sujets essentiels comme celui de la sexualité.

Les parents de l’époque, de façon générale, n’ont pas su offrir ce que les jeunes demandaient puisqu’eux-mêmes ne l’avaient pas reçu. On ne peut donner que ce que l’on a reçu (Jn 3:27). C’est une autorité souvent écrasante voir même abusive que la génération de nos pères a rejeté. Mais le cadre, s’il n’est pas tordu, est une bénédiction. Ce rejet violent a ouvert la porte à ce qu’on a appelé la révolution sexuelle, c’est par ces portes que la revendication de l’homosexualité est passée quelques années plus tard, puis la théorie du genre. Cela a porté un coup à l’image du couple et à celle de la famille. 50 ans plus tard, jamais on a vu une génération de jeunes défier autant l’autorité et manquer de respect à ses aînés.

Notre génération n’a pas reçus de cadre, ni de structure, ni d’ordre, ni de limites. Dès qu’un cadre se pose sur nous, nous ne le supportons pas. Pour ne donner que quelques exemples, les conséquences de ce manque se retrouvent dans nos difficultés à tenir nos engagements, ou même à en prendre un, dans notre incapacité à nous laisser corriger si cela doit nous sortir de notre confort ou de la facilité. Quand nous sommes incapables d’accepter le cadre, l’ordre ou la structure, nous devenons incapables de nous laisser aimer. Je sais que je suis en incapacité de recevoir l’amour, lorsque je suis incapable de reconnaître devant une figure d’autorité que je ne suis pas sûr(e) de mon choix, ou encore, que je me suis trompé(e). Parce que je ne suis pas en position de recevoir le conseil, la correction et le redressement qui pourrait me faire du bien à long terme, pas sur le moment.

Peut-être que beaucoup de jeunes vont se retrouver dans ce que j’écris, ou retrouver la mentalité dans laquelle ils évoluent. Ce n’est pas forcément une généralité, mais je vois que nos parents, qui souvent ont souffert d’une autorité abusive, ont rejeté le cadre et l’autorité pour eux-mêmes, mais ont surtout décidé de ne pas reproduire ce qu’ils avaient vécus. Et c’est là où je veux en venir, nous sommes une génération qui est passée à un autre extrême : pas de cadre, pas de structure, pas d’autorité, pas de fermeté et pas de limites. Non pas parce que nous les avons rejetés, mais parce que nous ne les avons pas reçus. Et ainsi, nous évoluons dans une atmosphère de fausse liberté qui nous fait croire que moins nous avons de cadre plus ce sera facile de s’épanouir, puisqu’il qu’il n’y aura pas de limites.

L’idée même de l’obéissance nous est compliquée. Nous ne sommes pas promptes à nous laisser guider ou même reprendre par des figures d’autorités. Pourtant, celles-ci (parents, responsables d’églises…) ont été instituées par Dieu et elles représentent son autorité à Lui. En étant incapables de nous laisser reprendre correctement, c’est-à-dire de recevoir des instructions, des limites et un cadre qui va permettre que notre véritable identité puisse se développer en sécurité, nous ne sommes pas disposés à nous laisser aimer par Dieu. Pourtant la correction est une preuve de Son amour de Père : Il ne nous laisse pas nous engouffrer dans des chemins de mort. Nous sommes une génération qui souffre d’une absence d’autorité et non d’un abus d’autorité (je parle de façon générale et non de cas particulier, l’abus existe toujours.).

Changeons cela dans notre génération ! C’est un apprentissage et un chemin difficile. Cela peut parfois être vécu comme un brisement intérieur d’accepter de « confier sa vie » à quelqu’un qui a la possibilité de se tromper avec nous. Quelles peurs avons-nous à avoir ? Si Dieu est un père parfait qui a sa place dans notre vie, si c’est en Lui que nous avons confié notre vie entière qu’avons-nous à craindre ?

Faisons ça ensemble, réapprenons à recevoir un cadre, à recevoir l’amour. Encourageons-nous les uns les autres dans notre propre génération, soutenons-nous les uns les autres, mais qu’il y ait une limite : nos pairs ne sont pas des pères. Si Dieu a institué cet ordre, c’est qu’il a décidé de passer par cela pour se révéler aussi.

La génération avant nous est en train d’apprendre à devenir des pères et des mères spirituels pour notre génération. Il ne faut pas qu’elle se trouve être une génération de parents sans enfants.

Et si nous apprenions à être des enfants de Dieu, des enfants qui acceptent l’autorité, le cadre, en nous laissant être redressés malgré la douleur. Laissons-nous aimer. Laissons-nous être façonnés par Dieu au travers de ces pères et de ces mères qui se lèvent, tout en restant justes dans cela : aucun parent biologique ou spirituel n’est capable de remplacer le Père de toutes les familles de la Terre.

Ne soyons pas passifs alors que Dieu parle à la génération au-dessus de nous, les appelant à devenir des pères et des mères, parce que s’il le fait c’est certainement parce que nous en avons besoin ! Il ramène d’abord le cœur des pères à leurs enfants, alors préparons notre réponse dès maintenant et laissons le Saint-Esprit ramener nos cœurs d’enfants vers nos pères.

De quelles façons ? En commençant par une repentance et la reconnaissance de ce dont nous manquons devant Dieu qui est le seul à pouvoir complètement pourvoir. Jamais un père ou une mère spirituelle ne doit prendre Sa place. Permettons à nos pères et nos mères de se tromper, nous pouvons l’accepter avec paix, pas avec plaisir certes, mais avec une profonde sécurité puisque nous savons que nous avons un Père parfait qui ne s’est jamais trompé et qui ne se trompera jamais avec nous. Un père qui ne faillira jamais et qui nous offre un amour qui sera toujours suffisant, pur, guérissant et sécurisant. C’est cette source d’amour qui doit être mise en premier dans nos vies pour que nous puissions devenir la famille que Dieu veut lever et être de bons modèles pour la génération qui nous suit.

L’autorité, c’est l’amour. L’amour est une autorité.

L’amour de Dieu est ferme.

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